Archives mensuelles: mars 2017

Les Amis des Musées de Niort Niort

Conférence au musée Bernard d’Agesci – Samedi 8 Avril 2017 – 15h : « La peinture sous-verre chinoise » par AUDRIC Thierry

La conférence : « Une rencontre artistique entre l’Europe et la Chine»

La peinture sous-verre chinoise naît au 18ème siècle, à Canton, le grand port par où transite tout le commerce de la Chine avec l’Occident. Dès les premières peintures  réalisées sous les grands miroirs offerts à l’empereur de Chine par les Occidentaux, le succès est spectaculaire, en Chine comme en Europe. Aristocratie et grande bourgeoisie chinoises, européennes mais également indiennes, achèteront ces œuvres des ateliers cantonnais jusqu’au milieu du 19ème siècle. Les officiers de marine et les marchands occidentaux à Canton, notamment ceux des Compagnies des Indes orientales joueront un rôle majeur dans le développement de cet art, commandant leur portrait sous verre, apportant miroirs et verres plats en Chine et les renvoyant peints par les artistes chinois, les faisant ainsi apprécier en Occident. Cette peinture dont la mode s’est déplacée de l’Europe vers les Etats-Unis au début du 19ème siècle, devient, en Chine après les guerres de l’opium (1840, 1860), un art populaire encore vivant de nos jours.

La bonne bergère, Vitromusée de Romont(Suisse)

Le  conférencier :

AUDRIC Thierry, né le 23 septembre 1946, diplomate à la retraite, chercheur associé au Vitrocentre, Centre suisse de recherche sur le vitrail et les arts du verre.

D’enseignant-chercheur à l’Ecole des Mines de Paris il est devenu conseiller culturel et scientifique auprès des Ambassades de France, au Canada d’abord, puis en Corée, Indonésie, Chine et Inde. C’est au cours de ces séjours en Asie qu’il a découvert la peinture sous verre dont il est devenu collectionneur. De retour en France pour sa retraite, il a entamé des recherches sur la peinture sous verre chinoise qui fut un art de rencontre de l’Orient et de l’Occident. Il est ainsi chercheur associé au Vitrocentre, centre de recherche affilié à l’Université de Fribourg (Suisse) où il prépare une thèse de doctorat en histoire de l’art sur ce sujet.

Recherches :

En visitant de nombreux musées en Europe (France, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Grande Bretagne, Suède), plusieurs collections privées et en suivant les ventes de plusieurs hôtels des ventes, il a pu regrouper plus de 500 images de ces peintures et en observer directement plus de 160. Il a par ailleurs constitué une importante bibliographie de texte sur le Canton au18ème et 19 siècles ainsi que sur la mode de ces peintures en Europe. L’étude détaillée de ce corpus est l’objet de sa thèse de doctorat en histoire de l’art de l’Université de Fribourg, sous la direction du professeur Stoichita. Il en a entamé la rédaction.

Les Amis des Musées de Niort Niort

Conférence au musée Bernard d’Agesci – Mardi 21 Mars 2017 – 18h : « Prosper Jouneau entre raffinement de la Renaissance et sensibilité du XIXème »

La conférence : « Prosper Jouneau entre raffinement de la Renaissance et sensibilité du XIXème»

Par Maria Cavaillès, directrice du musée de Parthenay et par Fabienne Texier, attachée de conservation aux musées de la Communauté d’Agglomération du Niortais,

Prosper Jouneau, un pionnier révolutionnaire ? Ce parthenaisien qui naît avec la création des Expositions universelle, sera aux premières loges devant les transformations des arts décoratifs de la deuxième moitié du XIXe siècle et va participer de fait au lien qui va se créer entre l’art et l’industrie. Élève des Beaux-arts suivant des études classiques à Paris, Prosper Jouneau suivra le cursus classique pour devenir un sculpteur de talent. Il va maîtriser ainsi tous les matériaux et sera reconnu par ses pairs. Sa vie va toutefois changer le jour où il découvre la faïence. En quelques années il découvre et s’approprie ce nouveau métier et s’associe avec Amirault afin de créer une manufacture « Céramique d’art décorative ». À Parthenay Jouneau le faïencier va créer des oeuvres uniques mais il va aussi faire des objets en série tout en leur donnant l’aspect de pièces ouvragées. Très éclectique, cet artiste va emprunter des références à l’Antiquité, à la période classique, à l’orient et transformer les formes avec audace et inventivité. Il fut un artiste engagé dans les arts appliqués capable de s’adapter au goût qui se développe alors pour les productions de céramiques anciennes et la redécouverte de la faïence de Saint-Porchaire pour aller plus loin. Cet idéal porté par la néo-Renaissance sera un des fils conducteurs de sa production et sera favorisée, de surcroît, par l’arrivée de la mode du style Henri II dans les milieux bourgeois de notre région. Jouneau sera aussi porcelainier. Il utilisera la technique dite « pâte sur pâte » mise au point à Sèvres en cette fin de XIXème siècle sur ses plaques aux sujets bibliques ou mythologiques. Enfin, Jouneau sera également professeur, travail qui le mènera jusqu’à Montpellier.

Prosper Jouneau par Ernest Pidoux, collection musée de Parthenay

Les conférencieres

Maria Cavaillès, directrice du musée de Parthenay et par Fabienne Texier, attachée de conservation aux musées de la Communauté d’Agglomération du Niortais,